À Bière, au pied du Jura, la famille Jotterand vit au rythme des Holstein depuis trois générations. Une audace devenue héritage, que couronne aujourd’hui le deuxième titre de Maître-éleveur.
À Bière, la route monte vers le Jura jusqu’à ce que la forêt l’arrête. C’est sur ce dernier replat, là où la plaine vaudoise bute contre la montagne, que les Jotterand élèvent des vaches depuis cinq générations. Des vaches noires et blanches, si familières qu’on oublie qu’elles ont fait scandale, et que la plus laitière des races allait s’imposer presque partout. Car l’élevage tient d’abord à un pari. Il y a trois générations, la région ne jurait que par la Tachetée rouge et regardait de travers ceux qui s’en écartaient. Un ancêtre fut de ceux-là : il fit entrer les premières pie noire au domaine Du Prieuré, quand ce choix passait presque pour une trahison. Ce qui fut une provocation est devenu l’identité de la famille Jotterand.
Vidéo partagée sur nos canaux début octobre
Deux vaches, une même passion
Tout troupeau de race a sa mémoire ; celle de la ferme tient à deux jumelles d’exception, WHITE LILI et BLACK LILI, qui ont chacune fondé leur lignée. Leurs descendantes en portent encore le prénom, transmis de génération en génération comme une signature. Une généalogie patiente, qui est le cœur même du métier d’éleveur.
Ici, le rapport aux bêtes se lit dans le calme du lieu et dans la douceur de Du Prieuré Maroon Sg GOLDEN BINGO, une Holstein qui se laisse approcher sans broncher. Mais si la race s’est imposée, c’est aussi pour ce qu’elle donne : une excellente productrice de lait, sélectionnée pour son pis, ses aplombs et l’aisance à la traite.
La relève, à deux cette fois
Une lignée si patiemment bâtie finit toujours par poser la même question : qui la reprendra ? Pour la première fois dans la famille Jotterand, la transmission se prépare à deux : Louis, dix-huit ans, achève son apprentissage à la ferme, tandis que Tristan, le cadet, se forme en Suisse alémanique avant de revenir.
Autour d’eux, c’est toute la famille qui fait vivre la ferme. Nicolas, le père, tient l’exploitation ; Séverine, son épouse, en gère l’administration ; et chacun, ici, y prend sa part, porté par la même passion des Holstein.
Une année de consécration
Pour Nicolas Jotterand, 2026 restera une année à part. Il y a d’abord ce deuxième titre de Maître-éleveur, une distinction qui récompense la qualité d’un troupeau — la justesse des lignes, l’harmonie d’une belle vache — autant que le chemin parcouru. S’y ajoute la présidence de Holstein Switzerland.
Et puis, cet été, les Holstein Awards se tiendront à la ferme même. Une année de consécration pour une famille dont l’histoire est désormais indissociable des Holstein.