À Kallern, dans la campagne argovienne, les frères Thomas et Andreas Ender vivent au rythme de leurs Holstein. Une manière de faire discrète dans le geste, mais reconnue bien au-delà : cette année, ils reçoivent le titre de Maître-éleveur pour la deuxième fois.
Une vie construite ensemble
Dans cette partie de l’Argovie, les routes se font plus étroites à mesure que l’on approche de Kallern. Les fermes se fondent dans ce paysage vallonné où tout semble ralentir. C’est ici, à l’écart du village, que les Ender ont bâti, au fil des générations, l’un des élevages de Holstein les plus réputés.
Thomas et Andreas travaillent ensemble depuis toujours, chacun dans sa maison, mais tout se décide en commun. Autour d’eux gravite une centaine de têtes, dont 35 Holstein. Leur élevage, que désigne le préfixe « Hellender » créé par leur père Anton — Maître-éleveur en 2010 —, figure aujourd’hui parmi les plus influents au monde.
La qualité avant la quantité
Chez les Ender, le troupeau est resté de taille modeste. Plutôt que de chercher à grandir, les deux frères ont misé sur une amélioration continue de leurs vaches grâce à des accouplements réfléchis, dans un équilibre entre production, morphologie et fonctionnalité. Aujourd’hui, leur troupeau conjugue performance et rentabilité, tout en offrant un réel plaisir au travail. Pour les deux frères, la journée commence à 5 heures du matin à l’étable ; à 7 heures, chacun se retrouve en famille autour du petit-déjeuner.
« Une vache élégante et solide »
Pourquoi les Holstein ? Pour eux, c’est une vache « élégante, solide, qui produit beaucoup de lait d’excellente qualité ». Leur troupeau en a fait la démonstration : la fameuse Hellender Juror Jurgolin, classifiée EX-92 7E et médaillée d’or, a dépassé 150’000 kg de lait et vécu dix-sept ans à la ferme, où elle ouvrait parfois elle-même la porte de l’étable. Surtout, elle totalise quarante-quatre étoiles : aucune autre vache de souche suisse n’en a réuni autant. Dans son sillage, d’autres « dames » EX continuent d’ailleurs de récolter les médailles d’or et d’autres titres.
Une reconnaissance du quotidien
Pour Thomas et Andreas Ender, ce deuxième titre salue d’abord une certaine idée du métier : travailler à deux, au plus près des bêtes, avec passion et pragmatisme.
Demain, à 5 heures, les deux frères seront de nouveau à l’étable. Le titre, lui, ne changera rien à l’heure du réveil.